Il y a presque un an...
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Il y a presque un an...
Bientôt un an que Tool passait encore une fois en France, au festival Rock en Seine...je n'y étais pas...
mais voici un bien bel article trouvé sur le net :
Merci encore pour ce très bel article...
Articles de fitch
Tool - Rock-en-Seine 07, chronique d'une hallucination collective
posté le 11/09/2007 - 00:09
Arte n'a pas jugé bon dans ses reportages sur l'édition 2007 de Rock en Seine de concentrer l'oeil de sa caméra sur Tool. Philippe Manoeuvre et consorts ont, en effet, préféré jouer la carte franchouillarde en offrant 19 minutes d'interview aux Rita Mitsouko qui, hasard, ou mauvais goût calculé, passaient pratiquement en même temps que Tool sur une des trois scènes du festival ce samedi 25 août. Connaissant la bande de Keenan et son aversion pour les média, il ne m'étonnerait pas qu'ils aient décliné toute entrevue, mais de là à ce qu'Arte ne daigne même pas diffuser une chanson entière de ce show magistral, cela relève du manque d'éthique. Bref, j'y étais et je l'ai dégusté ce joyau scénique. Une expérience que je me propose de partager avec vous à travers ma chronique et une vidéo gentiment postée par ThreeEyedMan . Merci à toi
A partir de 21h30, les Rita Mitsouko se la donnent sur la scène opposée située à plus de 500 mètres de là, dite de « la cascade ». Pendant ce temps, mon ami réalisateur Lionel Fouquet, et moi même – tous deux ultra fans du groupe – prenons place face à la grande scène, histoire d’avoir l’opportunité de voir le groupe de très près. Le monde s’agglutine peu à peu, nous serrant de plus en plus près, tandis que les roadies se chargent des balances qui promettent, une fois de plus, un son de grande qualité.
A partir de 22h30, la foule autour nous s’est densifiée. Nous attendons patiemment l’arrivée imminente de Tool avec pour musique d’attente The number of the beast de l’album autointitulé d’Iron Maiden, sorti en 1980. J’en profite pour faire remarquer à Lionel, qui est également batteur, à quel point Clive Burr, le drummer d’Iron maiden sur cet album, était à l’aise question groove et feeling, dans la pure tradition 70’s, avant d’être frappé par une sclérose en plaque qui l’a obligé à quitter le groupe. La suite, comme chacun sait, s’est traduite par le recrutement de Nicko Mc Brain, toujours en place à ce jour…
Cette note historique tragique s’achève sur celle du morceau qui, enfin, laisse la place au noir scénique annonciateur de l’arrivée à Tool. Il est alors 22h37.
Soyons clair dès le départ, qui n’a jamais vu Tool en live ne peut avoir une idée précise de l’intensité de la baffe émotionnelle qui lui est offerte à l’occasion de ce moment privilégié unique en son genre. Le groupe en live y va, en effet, d’une anti rock’n roll attitude qui met fin au trip « regardez comme je suis bô on stage » et proposent une alternative intéressante. Les 4 musiciens jouent dans l’obscurité, tandis que la musique est ornementée de vidéos diffusées via 6 écrans, 4 situés derrière eux et deux autres géants à droite et à gauche de la scène. Ce mélange visualauditif crée une expérience multi sensorielle, mise au service de la communion entre le groupe et le public.
Et c’est exactement dans cette veine que commence ce set, juste après un « good evening » du chanteur Maynard James Keenan, avec Jambi. Très énergique, ce second morceau du dernier opus 10 000 days,agite les premiers rangs ultra excités juste devant moi. J’y vois même naître un début de pogo, chose très rare aux concerts de Tool, dont l’audience est d’ordinaire médusée par le mélange son/ images.
On remarque dès ce premier morceau que les quatre musiciens occupent une importance égale, chacun d’entre eux se mettant au service de l’autre. Côté mixage, on distingue tous les instruments. Autre bonne surprise, la basse de Justin Chancellor, très puissante et volontairement aiguë, compte au moins autant que la guitare d’Adam Jones, un parti pris qui contribue à distinguer Tool du reste des formations de métal, un genre qui a tendance à minimiser le rôle du bassiste… Mais je vous déjà venir me dire que Tool n’est pas du métal… allons, allons… soyez raisonnables tout de même…
Le show s’enchaîne avec Stinkfist, monstre de l’inégalable 2ème album Aenima Et les sauts et pogos se manifestent avec entrain derechef. La qualité de l’interprétation, les ajouts rythmiques me mettent dans un état d’exaltation quasi orgasmique. L'extrait disponible vous fera mieux comprendre de quoi je parle... Ensuite, on passe au 3ème opus Lateralus avec le tube Schism et sa vidéo troublante. Contrairement à la version de l’album, « live interpretation » oblige, le tempo de l’un des passages du milieu est doublé, une idée top bien sentie et musicalement super efficace, qui constitue l’une des spécialités de ce tour 2006/ 2007 et scotche les fans aux anges.
Je suis encore ensorcelé par la magie du clip, quand le groupe entonne l’intro de 46&2, la chanson préférée de Lionel, qui, comme beaucoup de fans de Tool, a accroché le groupe grâce à la maestria de cette perle de Aenima. Ce qui tue plus particulièrement dans l’interprétation de 46&2 repose sur l’aisance du batteur Danny Carey qui reproduit à la perfection devant nos sens émerveillés le break à contretemps déjà incroyable sur le disque.
Ensuite, Tool revient à 10 000 days avec Rosetta stoned, chanson qui fonctionne normalement avec son introduction Blame Hofmann. Cette succession de deux morceaux aux harmonies similaires qui fonctionnent ensemble est une spécialité du groupe qui, ainsi, construit des monuments aux ambiances progressives de 14 à 15 minutes. Blame Hofmann suivi de Rosetta Stoned avait d’ailleurs ouvert le concert de juin 2006 au Zénith. Bref, Rosetta stoned, longue agonie psychédélique répétitivo-torturée de type pitbull [j’entends aux rythmiques mordantes qui ne lâchent pas prise] fait parfaitement son effet pendant plus de 11 minutes. Comme je suis de ces relous qui connaissent toutes les paroles qu’ils gueulent en même temps que le chanteur, j’ai déjà la voix considérablement attaquée depuis le début du concert, ce qui ne m’empêche pas d’entonner le merveilleux passage mélodique qui survient vers 8’30 « Overwhelmed as one would be, placed in my position. Such a heavy burden now to be the One. Born to bear and bring to all the details of our ending, To write it down for all the world to see. But I forgot my pen Shit the bed again ...Typical”… J’exulte tandis que s’évanouissent les dernière notes.
Survient alors un interlude toolesque, qui laisseraient croire que Tool est un groupe électro composé de DJ’s accompagnés d’une basse et d’une batterie, qui mixent sur des claviers et autres samplers sur fond d’images zarbos. Ces interludes sont également présents sur les albums. Reproduits en concert, j’en suis venu à conclure que pour le groupe ils visent à entretenir le voyage sensoriel dans leur monde, [ quessvous croyez, y en a là-dedans]. Celui-ci dure quelques minutes et débouche soudain sur l’intro de Flood, 9ème track d’Undertow, 1er LP datant de 1993. La réaction médusée du public me laisse à croire que je suis manifestement le seul à le connaître. J’adore ces moments où le vrai fan puriste que je suis a l’impression que le groupe ne joue que pour lui. J’avais ressenti la même chose au concert de décembre 2006 au Zénith lorsque Tool avait joué Swamp song grosse tchuerie du même 1er album.
Le déluge sonore de près d’un quart d’heure s’achève et laisse la place à une courte pause avant que ne commence l’intro de Lateralis, titan de plus de 9 minutes issu de Lateralus,d’ordinaire annonciateur de la fin du concert. Que dire de Lateralis sinon qu’il a, à chaque fois, sur moi l’effet d’une substance qui transcenderait mon corps et mon esprit comme un LSD visualomusical. Ce jour, Lateralis a animé mon corps de soubresauts situés à la frontière entre headband et danse tribale ; mes yeux quand il n’étaient pas fermés étaient happés par le clip démentiel et hypnotique « Spiral out ». Une quasidécorporation rendue possible grâce à une interprétation parfaite, notamment agrémentée d’un solo de batterie /percus démentiel. Ce qui m’amène à parler brièvement de l’approche du live qu’à le groupe, héritée à la fois de la tradition progressiste 70’s et de la démarche jazz où chacun des musiciens se voit offrir des plages de solo. Pour le métal, ce second aspect est plus une continuité de la tradition initiée par Metallica, qui a toujours abreuvé son public de traditionnels solos des feu(x) bassistes Cliff Burton, Jason Newsted, du guitariste Kirk Hammett et même sur les tournée du Black album de Lars Ulrich, le batteur. Pour en revenir à la démarche jazz 70’s, Tool s’en revendique tellement qu’il a même organisé une tournée en 2002 aux côtés de King Crimson, groupe jazz rock phare qui sortit son premier opus "In the court of the Kimson King" en 1969. Un groupe ultra aussi hermétique que brilant, toujours en activité et dont le batteur Bill Brufford a considérablement influencé Danny Carey. J’invite les ignares qui en douteraient encore à comparer les breaks de Larks tongue in aspic part IV de Crimson avec ceux de Rosetta stoned…
Lateralis résonne encore de toute sa majesté lorsque MJK lance un « We thank you very very much » qui succède à Vicarious, 1er single du dernier album que les fans surkiffent à entendre leurs hurlements. Des lasers verts entrent en action au dessus de la scène. Je les reconnais, ce sont les mêmes que ceux qui avaient illuminé la salle pendant la chanson 10 000 days en décembre au Zénith, achevant de bluffer le public enivré, redevenu pour quelques minutes aussi ingénu qu’un gamin face à une vitrine de Noël.
Vers minuit le concert prend fin, sans surprise ni rappel, face à un public, qui, au lieu d’être harassé par une succession de concerts commencés depuis 15h30, était revigoré par ses riffs hypnotiques et en avait encore soif.
J’impute cette interruption à des questions de timing liées à l’organisation même du festival, les parkings de Rock-en Seine fermant leurs portes à 0h30.
Pour ma part, je suis, comme d’habitude, un peu resté sur ma faim, mais il faut dire que, pour être idéal, un concert de Tool idéal devrait durer au moins 3 heures, ce qui est incompatible avec le Rock bizness…
Face à l’expérience renouvelée de 4 concerts totalement jouissifs (juin 2001, juin 2006, décembre 2006, août 2007), disons que j’ai mûri en me faisant une raison de gourmet : à la sortie d’un délicieux repas, on doit normalement avoir le sentiment de n’être pas tout-à-fait rassasié, ce qui fait partie intégrante du plaisir…
Fitch, septembre 2007
Merci encore pour ce très bel article...
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